extraits
Yolande Alexandre Auteur | Author

L'Instant Duel


  • Extrait 3

Il tourne le sous-main en papier où il avait fait une frise et m’explique. — Voilà où vous étiez, où vous en êtes et où vous voulez aller. Vous êtes une visuelle, vous employez très souvent des phrases du type « c’est clair, je vois... » — il a raison —, et si vous le voulez, je vais vous aider à construire votre projet professionnel.
En vous écoutant, je pense que vous vous êtes servie de vos qualités humaines, de votre opiniâtreté pour réussir dans le domaine commercial. Vous avez en quelque sorte pris à contre-pied vos « collègues », qui elles, sont des commerciales « pures et dures ».
Vous l’avez dit vous-même, vous n’y connaissiez rien au fitness, vous vous êtes fait dispenser du sport au bac. Mais dès qu’il s’agit de vendre un pack auquel vous croyez, avec du fitness et des soins corporels, en somme parler de l’autre, être à son écoute, lui proposer du bien-être, une certaine forme d’empathie, vous réussissiez à tous les coups, n’est-ce pas ?

Incroyable ! Cet homme est voyant ! J’ai presque envie de lui demander de me faire les lignes de la main !
Il définit ensuite les grandes étapes de mon projet comme le ferait un médecin, suite à son diagnostic.


Pourquoi mon reflet dans le miroir correspond-il à une femme assurée, alors que l’enfant au fond de moi a encore peur du noir ?
Dans l’écrin de mes émotions, la petite Marie, que je suis encore, aime les odeurs lourdes et sucrées. Elles lui parlent d’Orient. Ce parfum d’éternité lui chuchote :
maintenant que tu es sous ma tente, tu es chez toi .
Pourtant, bien peu sauraient reconnaître dans cette jeune femme longiligne, au regard mélancolique, cheveux caramel courts, une quelconque parenté tunisienne, même pas un « orient express »...
Seul la démarche souple et chaloupée, une pointe de langueur la trahissent parfois.
Sans compter ce besoin d’accueillir, de collectionner les moments, pas les objets.

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