extraits
Yolande alexandre Auteur | Author

L'Instant duel...


  • Extrait 4

Brusquement, sans crier gare, l’orchestre entame une mélopée. Une poupée de chiffon, c’est ce qu’il reste de moi, ma volonté a abdiqué, renoncé, je ne sais plus...
Avec lenteur, telle une offrande, Vincent enserre ma taille, ses mains prennent possession de ma peau. Si la foudre existe, elle m’a traversée ce soir-là, une brûlure mêlée à une totale certitude s’est emparée de moi...
je sais à présent .
Inutile de lutter contre l’inéluctable ni forcer son destin, j’éclos en conscience, je ne cherche plus, je suis arrivée ou plutôt j’ai trouvé mon chemin. Toute mon attention est captée par cette sensation au- delà des mots, de la conscience, de la raison elle-même. J’ai l’impression qu’un champ électrique irradie autour de nous et qu’il lève le voile sur nos deux cœurs sans qu’il soit possible de s’y soustraire.
C’est donc cela l’amour, Dieu que c’est beau...
Le silence est un langage de résistance, aucun mot ne sort de ma bouche, cela, au moins, j’en suis encore capable.
Se perdre, s’éloigner l’un de l’autre, est-ce inexorable ? Je me le demande quand ma main quitte celle de Vincent.


La nuit, cette nuit passée à « explorer » le corps de l’autre sans pouvoir s’en rassasier, dormir, délaisser ses bras aimés...
Le souffle court et brûlant, les mots murmurés, ne plus distinguer son corps de l’autre corps, subir son attraction, son magnétisme, laisser sa bouche, ses mains s’aventurer sur l’autre peau, libérer son énergie, souscrire à son univers, instiller la volupté, mettre en musique l’ardeur de son cœur, déployer sa sensualité, offrir ses lèvres pour que naisse un sourire...
Entre tes mains, je suis à ma place.
On ne se croise plus, on se rencontre enfin.
Vivre au creux de tes bras à demeure.
Grâce à toi, j’ai abattu le mur qui contenait et contrôlait mes émotions. Soudain, mes priorités changent, je m’abandonne à ton amour, je ne suis plus seule.

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